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dimanche 4 septembre 2011

J'attendrai l'aube





J'attendrai l'aube seul dans les lueurs de la fête qui s'achève. Il y a de grandes fleurs qui tournent noires vénéneuses. Il n'y a pas de vent pas même un regard. Je sais que le fleuve jamais n'emporte la même eau Ai-je trahi Le brouillard le tilleul en fleurs la feuille de papier blanc arrachée à la nuit Que sont devenus les promesses les offrandes les derniers feux les ressemblances Chaque étoile meurt Je serai seul je suis seul avec le ciel froid qui pâlit C'est comme la dernière goutte de pluie sur les dahlias comme des paupières qui se ferment Il faut se taire sourire peut-être mais en vain Il faut attendre que le présent se brise que les fleurs de la nuit replient leurs corolles que les trahisons soient accomplies Alors paraîtra l'aube.

Bernard Delvaille Œuvre poétique, Jardins d'hiver Ed. La Table Ronde, 2006








Les deux photographies sont de Renaud Camus (Site Flickr




3 commentaires:

  1. Les aubes comme une page qui s'est tournée et une eau limpide de jour inconnu, comme ce temps où la mélancolie froisse encore ses feuilles de nuits...
    J'aime la douceur elliptique de vos fragments de lectures, ces indices donnés par les photographies, les musiques, ces mots parfois nimbés de silence.

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  2. Roger, Christiane : merci beaucoup de votre passage et de vos si aimables commentaires.

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